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Le blog de orgue en fête

Concert du 29 novembre 2013

25 Octobre 2013 , Rédigé par orgue en fête

Affiche concert 131129

 

 

L'ART DE L'ORGUE EN FRANCE AU XVIe SIECLE

  En 1531, l'éditeur parisien Pierre Attaingnant faisait paraître le livre Treze Motets musicaulx avec un prelude / le tout reduict en la tablature des Orgues Epinettes et Clavicordions et tels semblables instruments. Dans notre langage moderne, ce sont des arrangements pour clavier. L'éditeur précise "orgues, épinettes, clavicordes" auxquels il ajoute "tels semblables instruments".
Seul document en France pour orgue - ce qui n'est pas le cas de l'Italie, de l'Allemagne et de l'Espagne -, ce manuscrit comporte onze pièces avec paroles latines, deux chansons italiennes et un court prélude pour clavier.
Les titres de ces transcriptions mentionnés en première page ont permis au musicologue Yvonne Rokseth de retrouver les pièces vocales originales dont se seraient inspirés les auteurs des transcriptions pour clavier. Dans cette liste figurent les noms des plus illustres compositeurs de la première partie du XVIe siècle. François Rabelais les cite presque tous dans le prologue du Quart livre de Pantagruel (1548).

A partir de la mort de Clément Janequin (1538), une esthétique nouvelle se dessine. Le motet pour voix a disparu au profit du son pur émis par les tuyaux de l'orgue. C'est l'abandon de la stricte polyphonie, et les compositeurs explorent un terrain neuf utilisant avec plus d'à propos peut-être les possibilités offertes par les claviers, le système des registres et les perfectionnements de la mécanique de l'orgue. Dans cette nouvelle esthétique, les compositeurs ne se contentent plus de suivre la trame de la polyphonie, quitte à l'agrémenter de temps à autre par certaines formules d'ornementation. Ce "stile nuovo" maîtrise les spécialités du style vertical de la chanson, du caprice, de la danse, de la variation. Il se dégage peu à peu du style antique pour atteindre au milieu du XVIIe siècle un nouveau style de l'orgue, dit "classique" avec Scheidt, Nivers, Lebègue, Pachelbel et Buxtehude.
Cette révolution esthétique, qui suit une révolution religieuse et politique (avènement des Bourbons), est marquée par les efforts de l'académie de Baïf, les découvertes de la musique mesurée, l'apparition du ballet de cour, de la chanson au luth, les découvertes rythmiques.
Dans ce contexte, grande est l'importance que prennent les fantaisies de Costeley, de Du Caurroy, de Le Jeune destinées, à la fin du XVIe et au début du XVIIe, "aux instruments", c'est-à-dire à des solistes réunis "en famille" comme les violes, ou à des instruments d'harmonie comme le luth, l'épinette, le clavicorde, l'orgue.


Les fantaisies d'Eustache Du Caurroy et de Claude Le Jeune, chefs-d'oeuvre d'écriture et de composition, en sont un exemple. Elles s'adaptent parfaitement à un instrument dont "elles épousent l'esthétique", selon l'expression de Norbert Dufourcq, mais aussi elles "contiennent des épisodes d'un intellectualisme et d'une poésie dont Titelouze saura percevoir les échos"(N. Dufourcq). 

 

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Prélude Anonyme

 

Nicolas Gombert (v. 1500 - v. 1557) :
            Hors envyeux

 

Eustache Du Caurroy (1549 - 1609) :  
             Fantasie à l'imitation de "Conditor alme siderum"

 

Claude Lejeune(v.1530 - 1600) :

             Fantasie première

 

Mathieu Gascongne (début XVIè):
             Bone Jesu dulcissime

 

Pierre Moulu (v. 1484 - v. 1550):
             Sicut malus

 

Eustache Du Caurroy :

             Fantasie à l'imitation de "Salve regina"

 

Antoine de Févin(1473 - 1512) :
             Benedictus

 

Anonyme italien du XVIè :
            Consummo la vita mya

 

Eustache Du Caurroy :  
            Fantasie seconde à l'imitation de "Ein Lämmlein geht"

 

Lafage (Pierre de ?) :
            Aspice Domine

 

Antoine de Févin :
            Sancta Trinitas

 

Claudin de Sermisy(v.1490 - ?) :

            Si bona suscepimus

 

Anonyme italien XVIè :
            Dulcis amica

 

Antoine Brumel (v.1460 - v.1515) :
            Sicut lilium

 

Loyset Compère (v. 1500 - 1518) :
            O vos omnes

 

Eustache Du Caurroy :
            Fantasie à l'imitation d"Ave maris stella"

 

 

 

Arsène Bedois, organiste

 

 

 

             Maître de chapelle et organiste émérite du grand-orgue de l’église Saint-Thomas d’Aquin, à Paris, Arsène Bedois a très tôt entrepris des recherches sur le grégorien, la musique du Moyen Age, de la Renaissance (vocale et instrumentale) et de la période baroque, à l’instigation de ses maîtres : Daniel Lesur (contrepoint), Edouard Souberbielle (orgue, improvisation, harmonie), Jacques Chailley, Eugène Cardine et Michel Huglo (musique médiévale, chant grégorien et sémiologie), Henri Potiron (modalité, accompagnement du chant grégorien). Il a également travaillé la musique ibérique ancienne et a suivi les stages d’analyse de Pierre Boulez et de Luigi Nono au centre Acanthes de Villeneuve-lès-Avignon.

Défenseur de la tradition du cantor, Arsène Bedois compte parmi les premiers musiciens qui se sont associés - dès le début des années 1970 - au renouveau de l’interprétation du répertoire baroque. Il a en particulier enregistré des œuvres françaises, allemandes, espagnoles et portugaises des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, enregistrements salués par la critique : Messes polyphoniques de l’Ars Nova : le manuscrit d’Apt et l’école de Florence (Arion), Chant grégorien au temps de Guillaume de Machaut : Office rythmique de Saint Juvénal (Erato), Office des fous et Messe de l’âne de Pierre de Corbeil (Erato), Messe de Tournai (anonyme du XIVe siècle) et Messe Nostre Dame  de Guillaume de Machaut (Erato), Musiques au temps de Philippe Auguste (Erato), grand prix de l’Académie du disque français, Les maîtres portugais (Arion), Les orgues de Paris (Erato), L’orgue de Saint-Thomas d’Aquin (Live, SoReal-Mélodie), La dynastie des Couperin (Ligia Digital).

Invité à jouer régulièrement en Europe et en Amérique latine, Arsène Bedois participe à de nombreux festivals internationaux, seul ou avec des solistes chanteurs ou instrumentistes. Il a réalisé des émissions radiophoniques, il anime des stages d’interprétation de musique baroque française, de musique médiévale et de grégorien. Il donne des conférences sur l’histoire de la musique et son interprétation. Depuis 2005, il est directeur artistique du « Festival de Pâques » et des « Vendredis de l’été », organisés par les Amis de l’orgue Lanfon-Veyrier, en Haute-Savoie.

Membre honoraire de la commission consultative des orgues de la Ville de Paris, il est appelé à intervenir comme conseiller pour la restauration et l'entretien des orgues, en France et à l'étranger. Il est président honoraire du Syndicat national professionnel des artistes musiciens des cultes.

 

 

 

 

Bénédicte Boringe, récitante

 

        Metteur en mots, metteur en scène, auteur, conteuse, mime, Bénédicte Boringe ne cesse de raconter des histoires. Depuis vingt-cinq ans, elle prête sa voix à une étonnante galerie de personnages sortis de la légende ou de l’histoire, dans le cadre de châteaux (Versailles, Chambord, Clermont-en-Genevois, Menthon-Saint-Bernard), d’églises ou d’abbayes (les Vaux-de-Cernay), de théâtres, et d’autres lieux plus insolites encore, comme le centre historique de Cholet, les Thermes nationaux d’Aix-les-Bains, le parc floral de Vincennes ou le Palais des Sports et l’anneau de vitesse de Grenoble… Elle a écrit pour Marie-Christine Barrault et Macha Méril (Les Aquascénies d’Aix-les-Bains, avec l’artificier Jean-Eric Ougier) et elle a créé en 2007 un conte-opéra pour enfants, Océane et le Capitaine Vieux-Loup, mis en musique par le compositeur Marybel Dessagnes. Bénédicte Boringe a collaboré avec le Conseil général de la Haute-Savoie, pour des actions en faveur du spectacle vivant et du tourisme culturel. Elle a occupé à plusieurs reprises des fonctions d’administratrice de structures culturelles, en particulier au musée de la Musique (Cité de la musique), à Bonlieu scène nationale (Annecy) et à Cholet. 

 

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